Abidjan et son transport low-cost à prix d’or : « le bus de la SOTRA »

Se déplacer à Abidjan est un véritable casse-tête. Le souci n’est pas de ne pas parvenir à trouver facilement son chemin, mais plutôt le moyen de locomotion adéquat. Citée cosmopolite, la ville connait à l’instar des grandes capitales, une démographie galopante. Les transports en commun sont alors très prisés pour les déplacements. Parmi eux, un moyen low-cost qui coûte de l’or : le bus de la SOTRA (Société des TRansports Abidjanais). Découverte insolite.

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Un bus de la SOTRA – Crédit photo : Wikipedia

Dès 1960 les dirigeants de la Côte d’Ivoire mettent sur pied la SOTRA, une société anonyme à participation financière publique détenue majoritairement par l’Etat. Depuis cette date jusqu’à aujourd’hui, cette société a connu bien de difficultés et a vu maintes fois son parc automobile pris d’assaut par des pyromanes d’une autre ère lors de troubles sociaux.

Le bus c’est une affaire de « durs »

Les usagers des bus abidjanais le savent tous, la première vertu à avoir c’est la patience. C’est même une nécessité. A l’arrêt, vous pouvez poiroter pendant 15 minutes à 30 minutes voire 1 heure ou 2 avant qu’un bus ne se pointe. Tout est une question de disponibilité. Pour un rendez-vous très important, mieux vaut se rendre à l’arrêt au moins 2 heures avant, ou opter pour un autre moyen de transport.
Ceux qui font le plus gros frais de l’irrégularité du bus, ce sont les élèves et étudiants, sa plus grande part d’usagers d’ailleurs. Pour certains dont les cours débutent à 8 heures du matin, il faut rejoindre l’arrêt de bus dès 5 heures pour espérer ne pas être en retard. Une fois les usagers à l’arrêt, alignés dans des rangs aux longueurs effrayantes, pouvoir monter à bord du bus est une autre affaire.

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Longue file d’attente devant un arrêt de la SOTRA – Crédit Photo : M.C Agnini

Une capacité extensible

Si vous désirez savoir le nombre d’usagers qu’un bus abidjanais peut « supporter » (le mot est utilisé à souhait), vous risquez de ne pas trouver de réponse exacte, du moins pas facilement. En effet, les bus dénommé « mon bus », qui sont les bus standards, sont conçus pour transporter un maximum de 80 personnes. C’est cette information qui est marquée par le constructeur à l’intérieur de l’engin. Dans la pratique, les choses sont très différentes. Aux heures de forte affluence, le bus peut « engloutir » jusqu’à 3 voire 5 fois (ou plus) sa capacité requise. Le plus important est d’arriver à destination. Pour ce qui est du confort, pas besoin de s’en offusquer.

Le confort n’est pas à l’ordre du jour

Une fois à l’intérieur d’un bus bondé à craquer, c’est un trajet infernal qui s’annonce. Chaque virage est transformé un vrai supplice. Certaines fois, l’on a juste un petit espace pour poser un seul pied au sol, le second restera suspendu jusqu’à ce qu’un périmètre se libère quelque part. Cris de douleur, plaintes et complaintes mais aussi chant de réjouissance pour cacher ce traitement difficile. Debout ou assis, la chaleur caniculaire risque de ne pas vous laisser sans désagréments. Et puis dans le bus abidjanais, on en vient souvent aux mains.

Le low-cost a un prix

La Sotra a harmonisé le coût de transport à bord de ses bus. Quelque soit la destination, un « tour » à bord du bus ordinaire vous coutera 200 francs CFA. Aussi, il existe des abonnements mensuels subventionnés par l’Etat à hauteur de à 3.000 francs CFA  pour les élèves et étudiants. En retour faudra compter avec toutes les contraintes citées plus haut.
A coté de cela, le voyage à bord du « bus express » coûte 500 francs CFA et 25.000 francs CFA l’abonnement mensuel. C’est en quelque sorte les Rolls Royces de la Sotra. Plus réguliers et moins bondés, ils sont plus empruntés par les travailleurs.

Quoique l’on dise du bus, il reste à Abidjan, l’un des moyens de transport les plus populaires. Certaines langues affirment même que pour être téméraires dans cette ville aux multiples facettes, il faut avoir emprunté le bus durant une période de sa vie. Comme quoi le bus, ça forge le mental.

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M.C Agnini
M. C. Agnini, c’est ainsi qu’il faudra m’appeler, à l’état civil ce sera Stéphane Tano Agnini. La Côte d’Ivoire est la terre qui m’a vu naître, alors il a été décidé que je sois Ivoirien. Je le suis donc. L’Afrique, oh ce beau continent ! c’est dans cette Afrique que ma chère Côte d’Ivoire a bien voulu élire domicile, quelque part dans sa partie occidentale. Je suis Africain .

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