A l’université de Ouaga, Macron a boxé avec ses mots comme sur un ring !

Le Président Emmanuel Macron s’est entretenu avec des étudiants lors de son voyage au Burkina-Faso, ce 28 novembre. Autant dire que la séance des questions-réponses est allée dans tous les sens. Devant des étudiants dont certains donnaient plus l’impression de s’adresser au Président Roch Christian Kaboré, dans une ambiance survoltée, Emmanuel Macron n’a pas boudé son plaisir.

De tout cela, il ressort que cette jeunesse a vu dans cet échange, une occasion en or pour s’adresser à son président – en a-t-elle très souvent l’occasion ? – et toucher ainsi les problèmes auxquelles elle fait face. Dans le vacarme qui a permit à Macron de se donner des airs de chef de famille, un constat triste s’écrit en filigrane : la jeunesse africaine – burkinabè singulièrement – en tout cas celle qu’il a été donné de voir lors de cette séquence de questions-réponses, souffre de biens de maux dont le complexe d’infériorité, le faible niveau d’instruction, la méconnaissance des ramifications qui composent les idéaux qu’elle défend, le manque de repère solidement ancrés…

Si Macron a « volé bien bas », entre tentative d’intimidation et dérision, il ne faut pas lui en vouloir. Quand pour son arrivée, tout le système éducatif se met sur pause deux jours durant, il peut bien se permettre quelques écarts. Et il faut dire que Emmanuel Macron n’y est pas allé avec le dos de la cuillère.

Pour sortir ces phrases qui constituent trente pioches parmi plusieurs, il fallu ressortir pas moins de trois casquettes que Macron a enfilé. Afin d’en faciliter la compréhension, la chronologie de base a été gardée. Pour marquer la différence, malgré le chevauchement des trois casquettes sur certaines questions, trois couleurs seront utilisées pour faire référence au :

  • Macron Président

  • Macron moralisateur 

  • Macron taquin / Punchlineur 

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1- Quelque part vous me parlez comme si j’étais toujours une puissance coloniale. Mais moi je ne veux pas m’occuper d’électricité dans les universités au Burkina-Faso. C’est le travail du Président (montrant Roch Kaboré du doigt)

2- Mais où il s’en va ? Reste là. Du coup il est parti réparer la climatisation (s’adressant au Président Roch Kabore)

3- Vous êtes jeunes et vous avez déjà un micro. Ne dites pas j’aurais voulu vous dire… Je ne vais pas vous arrêter. (Rire général)

4- Qui fait des études en économie ou en finance ici ? … (Aucune réponse) Mais vous êtes en quoi là ?

5- Si quelqu’un pouvait me dire où l’Or burkinabé se trouve caché à Paris. Je suis preneur. Il n’y en a pas. Il faut être sérieux. Bon !

6 – Moi je n’ai peur de rien. Je ne serais pas devant vous sinon. Je l’ai montré par mon parcours.

7 – Dès qu’il aura réparé la climatisation de l’amphithéâtre, il sortira de la zone Franc. Vous l’avez compris.

8 – N’ayez pas ce discours sur de revendication [ ] qui ne sont pas ceux de votre génération en expliquant qu’on aurait mis un joug sur quoi que ce soit. Il n’y a pas de joug. Il n’y a pas un français qui utilise l’Or du Burkina-Faso. Arrêtez !

9- De l’autre côté moi j’ai des contribuables français qui viennent me dire pourquoi vous continuez à mettre de l’aide public au développement avec nos impôts dans les pays d’Afrique. Donc tout le monde va se calmer !

10 – Moi je n’utilise pas l’Or du Burkina-Faso pour faire quoi que ce soit. Il n’est pas chez moi il est chez vous. Bon ! (Applaudissements)

11 – N’imaginez pas qu’on va distribuer de l’or à tout le monde parce qu’on sera sorti de la zone Franc. C’est n’importe quoi. Bon !

12 – Il y en a qui disent que parce que ça s’appelle Franc CFA…pardonnez-moi, mais je les laisse à leur propre turpitude, ils font ce qu’ils veulent, je ne suis pas nominaliste.

13 – Je ne suis ni fier du nom, ni n’ai de problème avec le nom. Vous en faites ce que vous voulez

14- Si je puis me permettre un conseil. N’ayez pas sur ce sujet, une approche bêtement postcoloniale ou anti-impérialiste.

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15 – Ce n’est pas de l’impérialisme. Ce n’est pas vrai, donc il ne faut pas avoir ce discours-là sinon vous allez faire des bêtises.

16- C’est pour la France un non sujet, par contre c’est pour vos dirigeants un vrai sujet de stabilité qu’il faut aborder avec beaucoup de sérieux. (Applaudissements)

17- En France, ce n’est pas le Président de la République qui ramène, ni à une famille, ni dans un pays étranger, ni où que ce soit, quelqu’un qui est justement sous l’autorité de la justice française. Elle est indépendante.

18- J’avais accolé l’adjectif civilisationnel, ce qui était une erreur de ma part. Ce n’est pas du tout l’adjectif qu’il fallait utiliser dans une phrase qui parlait plus largement des filles, des défis démographiques. Ce qui était totalement le contraire de ce à quoi je voulais parvenir.

19- Vous me dressez une comparaison avec la Chine. Je ne sais pas dans quelle filière vous êtes, mais à mon avis si vous faites Histoire, Géo ou Sciences Politiques, il va falloir bosser dur à la fin de l’année.

20- Vous utilisez un exemple pour dire le contraire de ce que vous voulez dire

21- En Libye, qui sont les trafiquants ? Posez-vous quand même cette question jeunesse africaine. Vous êtes incroyables !

22 – Qui sont les trafiquants ? Mais ce sont des africains mon ami. Ce sont des africains. Ce ne sont pas de français !

23- Présentez moi un passeur français, belge, allemand, ou que sais-je qui est en train d’opérer entre le Niger et la Libye. Ils n’existent pas. (Applaudissements)

24- Ne me reposez pas des questions qui ont été posées hein

25- La condition pour que je prenne des questions c’est le retour au calme

26- Je connaissais déjà les étudiants français qui sont des esprits paradoxaux, mais vous, vous êtes des esprits super-paradoxaux !

27- Vous râlez pour avoir la parole et vous râlez dès que quelqu’un prend la parole

28- S’il Vous Plait ! La démocratie et le débat supposent quelques règles

29- Les deux questions que vous avez posées relèvent du Président du Faso, et pas du Président français

30 – Ce n’est pas moi qui vais décider pour vous de la politique de formation professionnelle ni de celle du génie civil

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En bonus, quelques questions des étudiants dont certaines, il faut l’admettre, ont permit à Macron de pendre son pied !

1 – A quand le transfert de nos tonnes d’Or déposées auprès du trésor français, pour soi-disant, assurer la convertibilité du franc qui on le sait, porte toujours la marque de la colonisation. Avez-vous peur monsieur le Président, d’un bloc économique intégrant le Nigeria ?

2- Nous avons espéré que vous nous ramèneriez avec vous dans vos valises, le frère cadet de notre ancien Président, Monsieur François Compaoré… (Éclats de rires)

3 – Pourquoi ne pas investir dans la formation professionnelle au Burkina-Faso ?

5 – Quand est-ce que le Burkina-Faso aura ses propres normes ? Dans le domaine du génie-civil par exemple, on se réfère toujours aux normes françaises

6 – Quel est l’état du PNDES ( Plan national de développement économique et social ) ?

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M.C Agnini
M. C. Agnini, c’est ainsi qu’il faudra m’appeler, à l’état civil ce sera Stéphane Tano Agnini. La Côte d’Ivoire est la terre qui m’a vu naître, alors il a été décidé que je sois Ivoirien. Je le suis donc. L’Afrique, oh ce beau continent ! c’est dans cette Afrique que ma chère Côte d’Ivoire a bien voulu élire domicile, quelque part dans sa partie occidentale. Je suis Africain .

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